Cinq questions à Dylan Champeau

Sous la bannière de Inseme à Manca, Dylan Champeau, le benjamin de cette élection, entend réunir les suffrages de gauche, même s’il n’a pas réussi à obtenir un accord auprès des autres partis pour une candidature unique de sa famille politique. Dylan Champeau n’a que 23 ans, mais il n’est pas un nouveau venu en politique. L’étudiant en droit, qui se destine à une carrière d’avocat, a baigné dans les idées de gauche depuis son plus jeune âge. Et en 2017, à 18 ans à peine, il avait déjà été candidat aux législatives, sous la bannière de La “Corse Insoumise”, et avait réuni 4,72 % des suffrages. Nous reproduisons sur le site d’Inseme a Manca les cinq questions posées à Dylan et retranscrites par Sébastien Bonifay Via Stella.

Qu’est ce qui a motivé votre candidature ?
La nécessité d’imposer une autre politique à Emmanuel Macron. Toute une partie de la population est en attente de vraies propositions de gauche pour faire face à l’inflation, à la situation sociale du pays. Mais je pense qu’il est également urgent de sortir de l’immobilisme en Corse. L’île a terriblement besoin de faire entendre sa voix à Paris, il faut que des mesures concrètes soient prises pour répondre à la situation de l’île. Et de mon point de vue, rien n’a été fait durant cinq ans. Je pense avoir le programme le plus adapté pour changer les choses. 

Dylan Champeau

Aujourd’hui, la Corse est la proie d’une économie basée intégralement sur le tourisme et le BTP. Je crois qu’il est temps d’ouvrir des perspectives d’avenir.

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Si vous êtes élu, quelles seront vos principales actions en faveur de votre circonscription en tant que député ?  
Une priorité me semble être la lutte contre la spéculation immobilière, et contre l’économie de la rente. Je veux que les jeunes puissent accéder à la propriété, qu’ils puissent se loger dignement… Il faudra donc s’attaquer à la spéculation immobilière. 
En parallèle, il faut ouvrir de nouvelles perspectives pour la circonscription, et au-delà, pour toute l’île. 
Aujourd’hui, la Corse est la proie d’une économie basée intégralement sur le tourisme et le BTP. Je crois qu’il est temps d’ouvrir des perspectives d’avenir. C’est pourquoi je propose que l’université de Corse soit un peu le centre de formation référence dans les métiers de la mer, mais également du numérique. Cela permettra de développer des filières rémunératrices en Corse, et de développer une autre économie. 

Un cycle de discussions devrait s’amorcer entre le futur gouvernement et les élus de la Corse autour de la possibilité d’évoluer vers un statut d’autonomie. Quelle sera votre stratégie si vous êtes élu ?
Je vais tout de suite lever un doute. Je n’ai jamais été opposé à une quelconque avancée institutionnelle. Je suis moi-même porteur d’un programme qui propose une sixième république, dans laquelle la Corse aurait un statut spécifique permettant de rassembler le respect du spécifique et le désir du commun. 
Actuellement, nous avons des élus qui sont dans un dialogue avec Paris, certes. Mais il n’y a pas de dialogue avec les Corses. On ne sait pas sur quoi porte le dialogue, et personne ne s’est soucié de savoir ce que veulent les Corses.
Pour ma part, je suis très sceptique quant à une autonomie à la Polynésienne, telle qu’évoquée par Darmanin. Je pense que ce serait un recul que de permettre une autonomie de plein droit. Elle permettrait à la Corse d’avoir un code du travail revu à la baisse, un statut de fonctionnaires différent de celui du continent, et des dispositions particulières en matière de santé publique…. Je crois que ce serait un véritable recul.  

Dans votre circonscription, comme dans les autres circonscriptions insulaires, les candidats de gauche ne manquent pas. Vous faites partie du mouvement politique Inseme à Manca, mais le “inseme” semble aux abonnés absents.
Nous sommes partie prenante, au plan national, de la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale. Mais cet accord ne s’applique pas en Corse. avec Inseme à Manca, nous avons discuté avec l’intégralité des personnalités et des partis de gauche en Corse, pour parvenir à une démarche unitaire aux législatives. Nous avions proposé que je me présente dans la 2e circonscription, en tant que candidat unitaire. et dans les autres circonscriptions, nous aurions soutenu les autres candidats de cette démarche, qu’ils soient communistes, insoumis, socialistes ou écologistes. Ca paraissait très simple. Ca n’a pas été possible. mais je crois que derrière ma campagne, avec Avanti populu, nous pouvons opérer un rassemblement des idées de gauche. 

Peuple en avant

Si vous êtes élu, quelle sera la stratégie adoptée à l’Assemblée nationale ? 
A l’échelon national, on veut constituer un bloc populaire, voire une majorité populaire,  si notre nombre de députés le permet. Donc je siégerai au sein de ce bloc, qui sera composé de plusieurs sensibilités de gauche, mais qui sera rassemblé autour d’un programme très clair. Il proposera l’augmentation du SMIC à 1.500 euros, la retraite à 60 ans, le blocage des prix, tout cela pour répondre à l’urgence sociale. Et puis il faudra aussi enclencher la transition énergétique dont on a besoin pour répondre au problème du changement climatique. 

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