En plein crise sanitaire le pouvoir macronien passe en force

Par Mariani :

Notre premier ministre Edouard Philippe s’est pointé à l’Assemblée nationale, samedi 29 février 2019, à 19 heures, pour y annoncer la nouvelle du siècle, devant un parterre de parlementaires pour le moins clairsemé. Le gouvernement, en accord avec le président de la République, est dans l’obligation d’utiliser le fameux 49-3 prévu par la Constitution. La raison ? Faire face à l’obstruction de vilains députés de l’opposition de gauche qui ont eu l’outrecuidance de déposer plus de 60.000 amendements ! C’est l’Hôpital qui se fout de la Charité. Bien évidemment, la contre-réforme de la retraite du pouvoir macronien ne pouvait plus attendre, même à un moment où le coronavirus provoque de vives inquiétudes partout sur la planète. Alors on a été dans l’obligation de passer en force. A noter que la plupart des députés de la majorité n’étaient pas au courant de la venue du premier ministre, ni même les secrétaires d’Etat qui n’étaient pas invités au conseil des ministres du matin ! C’est dire le haut degré d’estime que Macron et ses obligés portent à leurs serviteurs zélés. Que pensent tous ces godillots de l’attitude de leurs chefs? La question méritent d’être posée. Il est vrai que nous vivons dans une démocratie exemplaire.

Donc, le pouvoir va légiférer par ordonnances et au pas de charge sur un projet dont la nocivité et la dangerosité ne sont plus à démontrer. 

Rappelons que ce projet de contre-réforme de la retraite est rejeté par la majorité des Français et a fait l’objet, depuis le 5 décembre 2019, de nombreuses et puissantes manifestations à travers le pays, y compris en Corse, de grèves et d’actions multiples. Ce projet liquiderait tout notre système de protection sociale, basé sur la solidarité, s’il était adopté. Avec un seul objectif : puiser dans les caisses de retraite au profit des fonds de pension et des compagnies d’assurances, tant il est vrai qu’une manne de plus de 300 milliards peut faire saliver beaucoup de gens et susciter beaucoup de convoitise. 

Dans cette affaire d’autoritarisme sans précédent – d’aucuns parlent même de coup d’Etat – il est évident qu’il faille, et plus que jamais, continuer la lutte pour le retrait pur et simple du projet de contre-réforme de la  retraite. Lâcher prise, c’est aller à des lendemains qui déchantent.

Jean-Antoine Mariani

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