Les citoyens en colère

Il y a de quoi.

Nous avons le triste privilège d’être la région la plus pauvre de France et le coût de la vie est plus cher qu’ailleurs. Le nombre de chômeurs s’accroît de jour en jour, en particulier chez les jeunes. Les retraités tirent toujours plus la langue.

Les travailleurs  – quand ils ont la « chance » d’avoir un emploi – sont souvent au Smic et même en deçà, avec un taux de précarité très élevé.

Les logements sociaux sont loin de répondre à la demande interne. Les services publics sont malmenés quand ils ne sont pas supprimés en particulier en milieu rural. Les transports collectifs sont insuffisants.

Les zones rurales souffrent du manque de structures sanitaires et sociales.

Les petits commerçants sont victimes de l’implantation effrénée de grands centres commerciaux dont l’utilité est loin d’être évidente.

L’agriculture se meurt. Est-il normal d’importer 80% des tomates consommées sur l’île ?

Le droit à la santé n’est plus assuré pour beaucoup de citoyens modestes.

On pourrait multiplier les exemples négatifs qui caractérisent la Corse, mais aussi l’ensemble du pays.

Dans le même temps, la spéculation foncière et immobilière va bon train, à la grande satisfaction d’une petite minorité d’individus qui s’enrichit d’une manière insolente. Les résidences secondaires se multiplient comme des petits pains.

Il faut que cela cesse dans l’intérêt du plus grand nombre de Corses.

Disons basta aux politiques d’austérité et de régression sociale menées depuis des décennies par les gouvernements de droite et d’une pseudo gauche. Politiques voulues et imposées par Bruxelles (l’Europe) et les marchés financiers.

Un sentiment de ras le bol se répand à travers le pays, y compris en Corse, sous l’impulsion d’un mouvement inédit, celui des gilets jaunes.

Malgré les attaques incessantes du pouvoir macronien, les campagnes de dénigrement lancées par les media au service exclusif de ce même pouvoir, les gilets jaunes, mais aussi les gilets rouges, verts, des citoyens continuent la lutte pour leurs revendications, pour plus de justice sociale, de démocratie, de dignité et de considération.

Ils en ont assez de souffrir de la pauvreté, des insultes de ces messieurs qui nous gouvernent et de leurs chiens de garde qui aboient vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Ils ont notre soutien.

Aujourd’hui le mouvement social doit s’élargir, gagner en puissance. Le soutien et la sympathie qu’on peut lui apporter sont certes importants, mais insuffisants. Il faut, plus que jamais, s’impliquer physiquement et au quotidien. Tout est question de rapport de  force.

Amnistie pour les manifestants.

Nous voulons aussi dénoncer la violence de l’Etat, la violence des forces de l’ordre à l’égard des manifestants à travers le pays. La violence de certains média qui désinforment sur la situation. Cette violence, si nous n’y prêtons garde va nous conduire tout droit à un régime autoritaire. Nous demandons l’amnistie de tous les gilets jaunes et autres citoyens lourdement sanctionnés par la justice.

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