« Monde d’après »…et « jours heureux » ou « Petite fable politique qui aurait pu être vraie »

Par Jean Alesandri et ses Amis :
Jean Alesandri

Il y a une quinzaine de jours, avec un petit groupe d’amis, chacun  confiné chez lui bien entendu, nous avons suivi la conférence aux Français du président  à la télévision. Et nous avons découvert un nouveau concept : le « monde d’après ». Belle formule ! A n’en pas douter, la cellule Communication du président  est forte, très forte même. Mais on s’est dit qu’il serait peut-être mieux de donner un peu de corps et de chair à cette belle formule pour le moment seulement virtuelle.

Alors on s’est mis au travail avec sérieux, toujours chacun chez soi, en se parlant par Internet. On a réfléchi, échangé et enfin rédigé un ensemble de propositions dont voici la liste.

  • Etablir la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par l’organisation de différents dispositifs de consultation des citoyens.
  • Garantir une véritable liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat et des puissances d’argent.
  • Garantir une véritable égalité de tous les citoyens devant la loi.
  • Instaurer une véritable démocratie économique et sociale.
  • Organiser rationnellement l’économie en assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général.
  • Intensifier la production nationale, sur la base d’un plan coordonné par l’Etat et en concertation avec les représentants de tous les acteurs de cette production.
  • Retourner à la nation les grands moyens de production, les grandes compagnies d’assurance et les grandes banques.
  • Soutenir les entreprises coorpératives de production.
  • Assurer le droit au travail et au repos de chacun par l’amélioration des régimes contractuels.
  • Réaliser un réajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de ceux-ci qui assure à chaque salarié et sa famille sécurité, dignité et ainsi possibilité d’une vie pleinement humaine.
  • Garantir un pouvoir d’achat national.
  • Améliorer le dispositif  actuel de Sécurité Sociale pour assurer à tous les  citoyens les moyens d’existence indispensables dans tous les cas où ils ne seraient plus capables de se les procurer par leur travail car victimes de la maladie ou du handicap.
  • Elever le niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs du juste prix.
  • Elever le niveau des retraites pour permettre aux travailleurs de finir dignement leurs jours.
  • Offrir à tous les enfants la possibilté effective de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée pour une promotion sociale non de naissance mais de mérite.

Après tout ce travail, nous étions assez satisfaits de nos propositions. C’est alors que l’un de nous trouva, trainant sur une étagère, un petit livret édité en 1945 et intitulé : « Les jours heureux. Programme du Conseil National de la Résistance ». A sa lecture, à l’évidence, tout avait déjà été écrit. Nous n’avions pas inventé grand chose.

Un peu déçus mais « en même temps » très contents de cette découverte, on a bien relu ce programme et on s’est dit qu’il manquait quelque chose : la dimension écologique.  Il faut dire qu’en 1945, après cinq ans d’une guerre, vraie celle-là,  et d’une occupation terribles, les urgences étaient certainement autres. Aussi s’est-on remis à réfléchir et échanger sur la thématique de l’écologie. Et on a avancé quelques propositions sur la base de principes simples : 

  • Mettre en œuvre le principe de prévention pour se protéger et se garantir des catastrophes naturelles ou industielles.
    • Mettre en œuvre le principe de précaution, c’est-à-dire agir avec sagesse pour ne pas prendre de risques qui pourraient se révéler dévastateurs.
    • Mettre en place le principe « Pollueur-Payeur », avec des amendes tellement lourdes que les pollueurs seraient contraints de trouver et appliquer des solutions respectueuses de l’environnement.
    • Instaurer une politique d’information et de transparence sur ces questions aujourd’hui fondamentales, respectueuse de la concience et du discernement des citoyens( on a bien vu avec le coronavirus que la transparence  n’était pas le point fort de nos dirigeants).   

Là, on s’est sentis plus contents. On avait innové. Super !

Mais après avoir consulté Internet, l’un d’entre nous a vite fait retomber l’enthousiasme. Eh oui ! Tout cela, même si ce n’était pas ou peu appliqué, avait déjà  été écrit en 2004, dans La Charte de l’Environnement, complément de la Constitution française.

Raté ! Encore un coup de retard et grosse déception pour nous. Un peu déçus et « en même temps » pas découragés, on a voulu relever le défi et de nouvelles propositions ont fusé, en désordre. Pour l’un, la France devrait redevenir un pays d’accueil, sur la base de ses principes fondamentaux.

Un homme politique « de gauche » avait dit en son temps :  « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Ce jour-là, il aurait mieux fait de se taire. Et franchement, entre « toute la misère du monde » et les quelques milliers de réfugiés accueillis officiellement en France, il reste encore une belle marge de manœuvre.

Pour un autre, c’est le soutien à l’économie solidaire et sociale qui devrait être une priorité pour le pays.

Mais un troisième nous arrêta net : « Eh là ! Vous êtes tout simplement en train de reproposer le programme des élections présidentielles de 2017, l’Avenir en commun. Tout ça, c’est déjà dit. ».

Le coup fut rude…

Et l’un de nous , désabusé, lâcha tristement : «Tout était déjà écrit ! Alors toute cette réflexion commune  depuis 15 jours pour rien,  trois fois rien. ». Mais un second, optimiste,  de nous renvoyer à Raymond Devos : « Rien, c’est rien, mais trois fois rien, c’est déjà quelque chose ! ».

Alors nous avons pris la résolution de nous battre pour ces  «  trois fois rien mais déjà quelque chose. »

Et l’on a retrouvé sourire et combativité pour faire vivre Notre  « Monde d’après ».

Ici se termine la fable !

En revanche, notre résolution, elle, n’est pas une fable. Nous avons bien l’intention qu’elle devienne réalité.

Signé : un groupe d’amis qui veulent rester anonymes afin d’éviter une condamnation pour plagiat.

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J aurais pu faire partie du groupe bravo

Bonjour Muriel,
Nous t’acceptons bien volontiers, il y a du boulot.