Quand le bâtiment va… Communiqué Insème à Manca

Nous publions ci dessous, le communiqué d’Insème à Manca, sur la frénésie immobilière qui touche actuellement plusieurs régions de corse.

Rien ne va. Du moins c’est valable pour la Corse. Notre île connaît nonobstant la crise sanitaire une frénésie jamais égalée dans la construction immobilière, surtout à Ajaccio et sur la rive sud. On construit dans l’allégresse générale. On construit, mais cela se traduit-il par une amélioration de la situation sociale, économique  de l’île ? Quelles  les retombées en termes d’emplois utiles ? Rien ou presque rien. Une petite minorité d’insulaires, propriétaires de terrains en bord de mer, quelques promoteurs et autres investisseurs au profil indéfinissable profitent de cette frénésie. On construit partout sans retenue. Des résidences secondaires et plus récemment des immeubles, au rapport sans doute plus confortable. On bétonne en portant un coup irrémédiable à l’environnement exceptionnel de la Corse, à l’instar de ce qui s’est passé sur la Côte d’Azur, dans le département du Var et en Languedoc-Roussillon. Pourtant de belles âmes nous diront que ça va dans le sens du progrès et de l’Histoire !

Dans le même temps, il est impossible, pour de nombreux habitants, de l’île de trouver un logement à des prix abordables. Toutes ces nouvelles constructions immobilières qui envahissent nos côtes sont réservées à des touristes ou à des gens aisés pour une période limitée. Le reste du temps, elles demeurent tristement vides ! Un scandale, comme dirait l’autre.

Beaucoup s’élèvent contre cette frénésie. Mais peu d’actions sont menées pour la freiner ou la stopper. On entend de ci de là un discours sur la dépossession des terres en Corse et la vente abusive de ces terres à des continentaux et à des étrangers fortunés qui trouvent un excellent moyen de réaliser de bons placements. C’est fort juste. Mais question. Qui vend les terres ? Sinon les Corses eux-mêmes ou plutôt des Corses. Ayons une fois pour toute l’honnêteté de le reconnaître. Une région quelle qu’elle soit ne peut pas vivre décemment de la spéculation foncière et immobilière, de la bétonisation outrancière de ses côtes. On va tout droit au désastre écologique – exemple délirant des îles baléares – sans qu’il ne soit apporté de réponses favorables à la question sociale de la grande majorité de la population.

Une économie basée sur la rente, la spéculation foncière et immobilière et le tout tourisme conduit notre île à sa perte. La séquence Covid-19 en et ses conséquences en est un bel exemple.

Dans le cas qui nous intéresse, disons-le clairement, il semblerait que nos dirigeants nationalistes et leur pratique à la Collectivité de Corse, au-delà de déclarations d’intentions, n’aient pas pris la mesure de la gravité du problème. Et pour cause.

Il faut que la population insulaire s’empare de ce problème, en débatte. La roue ne pas continuer à tourner comme cela. Au-delà de la spéculation foncière et immobilière et l’économie de la rente, il y a corrélativement la création d’emplois utiles, la santé, le logement social, l’agriculture qui pâtit de cette situation et de bien d’autres problèmes. Les prochaines élections doivent être le moment pour mettre sur le tapis tous les problèmes évoqués. La gauche doit contribuer au débat et apporter ses solutions.

Inseme à Manca Ajaccio le 18 mars 2021

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