Une Corse qui exporte ses déchets et qui importe pour le tout tourisme.

Un communiqué d’Inseme a Manca
Aujourd’hui, la Corse exporte ses déchets

Une situation ubuesque et qui vient parachever les incapacités politiques à l’œuvre dans notre île depuis plusieurs décennies. Une chose est sûre, il fallait trouver en urgence une solution pour les déchets qui s’entassaient un peu partout sur le territoire, avant qu’une nouvelle et grave crise sanitaire ne se révèle. 

Mais cette exportation de 21 000 tonnes de déchets vers des incinérateurs du continent par transporteurs et bateaux privés va coûter très chère aux contribuables que nous sommes. Les chiffres annoncés donnent déjà le tournis, plus de 6 millions d’euro, mais nous ferons les comptes le moment venu.

Il est impératif et urgent, pour ne pas reproduire ces aberrations, ce manque d’anticipation, de trouver une réponse locale et pérenne dans un souci environnemental, mais aussi financier afin d’impacter le moins possible le pouvoir d’achat des familles.

En Corse, les clignotants sont au rouge, la précarité touche toujours un nombre très élevé de personnes, à hauteur de une sur cinq, alors que le chômage bat des records, avec plus de 23 000 personnes privés d’emplois.

La crise du COVID  19 va impacter encore plus sévèrement notre économie exsangue et fragile.

Nous importons beaucoup plus que nous exportons.

Nous le savons tous, la Corse accuse un grave déficit dans la balance commerciale. Nous importons beaucoup plus que nous exportons. Nous sommes donc dépendants de l’extérieur pour une multitude de produits de première nécessité. Si dans certains secteurs notamment dits de pointe ou technologiques, cette dépendance est compréhensible, il n’en est pas de même dans d’autres, comme par exemple l’agriculture, les métiers de la mer…

Lors des dernières élections territoriales de décembre 2017, avec la liste ” A Corsica in communu”, nous avions mis en évidence cette situation, ce déséquilibre dommageable à un développement harmonieux de notre Île. L’agriculture au sens large, la forêt, la pierre, la pêche, les nouvelles technologies et bien d’autres domaines n’ont pas eu l’attention politique et le soutien nécessaire. 

En cause, les politiques mises en œuvre depuis des décennies par tous les pouvoirs en Corse et sur le Continent.

Les limites du TOUT TOURISME

La politique du TOUT TOURISME, 1/3 du PIB dans l’île montre aujourd’hui, les limites d’une région qui a tout misé sur ce secteur depuis près de 50 ans. 

Aujourd’hui, on en mesure le résultat !

En cette période de grave crise sanitaire et sociale, l’incohérence du modèle économique du TOUT TOURISME nous saute aux yeux.

Déchets: transport vers le continent

Il ne faut surtout pas croire que personne n’est responsable. Tous les pouvoirs politiques et économiques depuis les années soixante jusqu’à nos jours ont initié, soutenu, revendiqué, cette mono activité touristique au détriment d’une économie diversifiée,  créatrice d’emplois stables, dans différents domaines d’activités.

Si la balance est largement déficitaire entre nos exportations faibles et nos importations, il faut aussi comprendre que lorsque nous accueillons des centaines de milliers de touristes, il faut aussi importer en conséquence pour les nourrir. 

Le jour d’après saurons-nous tirer enseignements

Le jour d’après, saurons-nous tirer les enseignements de ces incohérences, ces fragilités économiques ?

Serons-nous capables de changer le modèle économique en Corse ?

Mais plus fondamentalement, nous retiendrons une phrase de Serge HALIMI publiée dans un article du Monde Diplomatique Désormais, le protectionnisme, l’écologie, la justice sociale et la santé ont partie liée. Ils constituent les éléments-clés d’une coalition politique anticapitaliste assez puissante pour imposer, dès maintenant, un programme de rupture”.

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Je suis d’accord sur le constat et sur lequillibre de nos échanges mais quel traitement pour les déchets restants…?

Bonjour, Nous considérons que la Corse est loin d’avoir épuisé ses possibilités de de tri et donc de recyclage. Il y a encore d’énormes efforts à faire dans ce domaine. À commencer par la grande distribution. Nous allons prochainement mettre en place un groupe de travail pour aller plus en avant sur ces questions. Ce qui reste sur, c’est que l’enfouissement pose aujourd’hui de graves problèmes et l’incinération n’est pas souhaitée par beaucoup. Ce qui est sûr aussi c’est qu’on ne pourra pas continuer à exporter nos déchets. Les 6 millions d’euro seraient mieux utilisés à d’autres domaines, que le… Lire la suite »

Inseme a manca discutera de tout cela,et de manière ouverte,avec la population.
Mais la perspective incontournable d’une unité propre de valorisation thermique doit être mise sur la table.

Quels sont les arguments contre l’incinération qui outre l’intérêt de débarrasser des déchets, apporte un peu d’électricité.
Reste à regarder la collecte, le transport par la route, le train ou la mer.

L’idée dominante sur notre Ile -soutenue à bout de bras par les “nationalistes ” -est celle de la pollution et du résidu . C’est une fausse idée .les pays nordiques (entre autres ) ne sont pas plus bêtes que nous et ont opté pour l’incinération . Au départ , un incinérateur coûte cher ,c’est un gros investissement..et il faut des employés qualifiés pour le faire fonctionner convenablement (comme à Monaco par exemple ). C’est cependant la solution d’avenir ;quitte à pendre en compte le manque à gagner des ” mangionni ” ,transporteurs insulaires . Nous ne sommes encore pas les… Lire la suite »

Bonjour Claude,
Le problème du transport sur le continent va impacter lourdement les citoyens insulaires; Pour 21 000 tonnes ce n’est pas moins de 6 millions d’euro annoncé. Les sociétés de transports maritimes auparavant publiques ont été privatisés. Il est essentiel pour l’avenir de mettre tous les atouts et investissements dans le tri sélectif, mais pour le reste in faut trouver une solution sur place. Incinération ou enfouissement, deux possibilités s’offriront à terme.

Je crois que dans l’immédiat il est important de tout miser sur le tri sélectif et pour cela responsabiliser les citoyens, et créer les conditions comme en Sardaigne de containers appropriés installés de manière ordonnée propre respectueuse de l’environnement avec une signalétique appropriée qui engageront les citoyens à respecter les consignes de tri . Il est essentiel d’engager des moyens importants pour créer ces structures afin de provoquer un regain de civisme. Je ne comprends pas pourquoi avec les progrès de la science on ne pourrait pas envisager le système d’incinérations avec un traitement efficace et non polluant des rejets.… Lire la suite »

Mon ami , voir plus haut ..